Prendre conscience du nombre de déchets que l’on peux éviter dans sa vie quotidienne et par conséquent dans sa vie professionnelle

Ma première expérience professionnelle a eu lieu chez Sylviane et Didier au Marché des Carmes, j’étais jeune et pas encore « autonome » dans mes idées et dans mes prises de conscience. Ceux sont les premiers qui m’ont permis de me poser LA question concernant le nombre incroyable de déchets que l’on produit. En effet, surchargés par le poids énorme de l’emballage dans leur métier de fruitiers et encouragés par cette loi à venir sur les poches « biodégradables » qui devaient être interdites (cf article sur la fin des sacs plastique ), ils ont décidés de devancer tout le monde et d’encourager tout un chacun à venir avec son caddie ou son cabas. Petit à petit et après un travail de longue haleine et de nombreuses réflexions, chacun a pris son habitude et cela est devenu tout naturel, ou presque, de ne pas demander de ces fameuses poches en plastique. Si jamais la personne venue faire ses courses n’en a absolument pas, le principe de la grande surface s’applique et les poches de meilleures qualités et donc réutilisables sont devenues payantes.

A partir de cette époque là, j’ai réfléchi à chaque petit geste du quotidien que je pouvais améliorer pour faire le moins de déchets possible. Prendre systématiquement un tote bag dès que je sors, recycler les poches en papier de chez le fruitier pour les réutiliser plusieurs fois, acheter des conserves en verre pour récupérer le contenant, acheter en vrac le plus de choses possibles, faire du vélo au lieu de prendre la voiture…bref tout un tas de choses à la portée de tous mais qui semblent pour la plupart d’entre nous insurmontable.

Changer les habitudes prend 21 jours exactement. Passé ce délai, faire toutes ces petites choses devient banal et on le fait automatiquement. Mais as t’on vraiment envie de les changer? C’est la question que je me suis posée pour la Fromagerie.

Passer aux poches en papier? Arrêter les poches plastiques? Que faire de mes fromages qui s’abîment? De mes yaourts qui se périment?

Concernant l’emballage, je n’ai pas encore opté pour les poches en papier qui sont un énorme budget (deux à trois fois le prix de la poche plastique). Du coup, quand on vous demande une poche pour une boite d’œufs, le rapport argent gagné, argent donné n’est pas très favorable.

Arrêter tout bonnement de donner des poches en plastique et les faire payer est un projet que j’aimerai mettre en place. Pour cela j’essaye de faire prendre de bonnes habitudes à mes clients. Comment? Tout d’abord en leur posant la question toute bête « Vous voulez une poche? » La majorité d’entre eux vont réfléchir deux mini secondes avant de se rendre compte qu’ils ont un cabas, qu’ils ont déjà une poche ou qu’ ils n’avaient besoin que d’un yaourt et que donc ils peuvent le transporter dans son emballage d’origine.

Pour les aider dans cette démarche, j’appose au dos de chaque papier d’emballage du fromage, une mini étiquette qui permet de maintenir le papier fermé et qui devance donc l’éternelle remarque « mais ça va s’ouvrir dans mon sac ». Depuis que je pose cette question, je fais une énorme économie financière et j’oeuvre pour notre planète en évitant le plastique et les déchets. En allant dans ce sens, j’espère pouvoir me dispenser de poches d’ici la fin de l’année 2018.

La dernière démarche concernant l’emballage que je propose c’est le total zéro déchet que propose la famille Zéro Déchet. En effet, j’ai apposé des panneaux qui indiquent aux clients qui le souhaitent de venir avec leur propre contenant. Des contenants que je tare et dans lesquels je leur met ce qu’ils désirent. Dans mon rayon, il y a certains produits que je ne vend pas en vrac (exemple : le beurre salé), du coup, afin de respecter ces gens qui prône le Zéro Déchet je leur enlève l’emballage et met le produit dans leur boîte. On évite totalement l’emballage, on fait des économies et on oeuvre pour notre planète.

Concernant le gaspillage alimentaire, qui n’était pas vraiment existant dans la fromagerie car les fromages abîmés, trop secs ou trop crémeux et les yaourts périmés finissaient toujours dans mon cabas direction la maison. En effet, le fromage se cuisine de tant de manières différentes que je n’en ai jamais jeté et les yaourts périmés sont pour la plupart encore mangeables pendant une bonne semaine. Quand j’en avais trop, je les congelaient et les ressortaient pour des gâteaux aux yaourts.

Quand en avril 2017, Too Good To Go m’a contacté pour me parler de l’application, j’étais septique. Personne n’a la même perception de ce qu’il estime encore bon ou pas à manger. Du coup pour les yaourts c’est simple mais pour le fromage ? Le fromage n’est jamais bon à jeter mais par contre, parfois, il n’est plus correct de le vendre au prix fort. Quand j’estime que moi, je ne pourrai pas payer le prix fort pour ce fromage trop crémeux, trop fort, trop sec … je l’enlève de l’étalage. Et c’est à ce moment là que Too Good To Go entre en jeu.

Avec Too Good To Go, je me suis mise d’accord pour mettre en place des petits paniers à 4€. Chez moi, ils sont toujours composés de 5 produits (fromages, yaourts, beurre…) en petite portion. En effet, la valeur est à minima de 6€ et peu monter jusqu’à 8€ suivant les fromages qu’il y a dans la portion. A ce jour, je n’ai quasiment plus mangé un yaourt périmé, je peux me permettre de CHOISIR un fromage que je préfère sur l’étalage et surtout je permets à quelqu’un de manger bien pour peu cher et de lutter contre le gaspillage alimentaire.

N’hésitez pas à télécharger cette application sur l’Apple Store ou Android et à découvrir les commerçants près de chez vous qui luttent chaque jour contre le gaspillage alimentaire.

Pensez à prendre un tote bag avec vous dès que vous sortez et surtout savoir dire non à une poche qu’on vous propose et que vous mettrez systématiquement à la poubelle en rentrant, c’est bon pour vous, c’est bon pour nous, c’est bon pour la planète

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